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Discours de son Excellence le Président de la République, Dr. Jorge Carlos de Almeida Fonseca

 

Présidence de la République

Discours de son Excellence le Président de la République, Dr. Jorge Carlos de Almeida Fonseca, à l’occasion de la séance solennelle à l’Assemblée nationale de la République des Seychelles

Victoria, le 17 Juin 2014

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Excellence,

Mesdames et Messieurs les Députés, vos Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, tout d’abord, rendre hommage au peuple seychellois et profiter de l’occasion qui m’est offerte pour saluer leurs représentants démocratiquement élus; Pour saluer chaleureusement la démocratie seychelloise.

Je tiens également à exprimer mon plaisir et ma satisfaction pour l’invitation reçue et par l’accueil chaleureux de bienvenue que m’a été réservé ainsi qu’à la délégation qui m’accompagne.

Mes premiers mots seront aussi pour exprimer encore ma satisfaction pour le privilège que vous m’avez accordé en m’invitant à participer, en tant qu’invité d’honneur, aux célébrations qui marquent le 38e anniversaire de l’indépendance de cet archipel magnifique, béni par la nature.

Je me sens particulièrement honoré, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, du fait que je suis le premier chef d’État de Cabo Verde à visiter la République des Seychelles.

Mesdames et Messieurs,

J’ai la ferme conviction, que nous avons, – les Seychelles et Cabo Verde -, la grande possibilité, voire le devoir impérieux, de lancer des défis ou même de donner des leçons au monde.

Nous sommes l’avenir. Nous sommes le mélange de races, de peuples, de cultures; Une des possibilités réussies que la géographie, l’histoire, la culture et la biologie offrent à l’humanité.

Dans un certain sens, nous sommes l’absolutisation du relatif. Nous sommes la fusion de différentes possibilités qui permet l’appropriation de différentes valeurs, de diverses cultures, que n’existent et qui n’ont de sens que dans le cadre de la nouvelle réalité unique et diverse qu’ils ont entrainé.

Au Cap-Vert nous sommes africains, nous sommes européens, nous sommes chrétiens, nous sommes juifs, nous sommes noirs, nous sommes blancs, nous sommes métis, nous sommes des gens. Nous finissons par être des africains métis, physiquement et culturellement, des gens du monde.

Mesdames et Messieurs,

Voyager vers un lieu géographiquement éloigné, mais ou nous nous sentons tellement proches des gens, est quelque chose de fascinant et, en quelque sorte, atteste ce que nous avons dit avant. La culture créole ou, plutôt, les cultures créoles sont, en fin de compte, le résultat de cette capacité de saisir naturellement des éléments culturels d’autres régions, parfois très éloignées, je dirais de plusieurs morceaux du monde, de les recréer et de les intégrer dans notre patrimoine culturel.

Par exemple, dans la culture de Cabo Verde, dans le domaine de la musique, côtoient, véritablement, avec la matrice africaine d’autres expressions musicales, des valeurs de l’Europe centrale, – comme la mazurka caboverdienne – avec fortes influences musicales de l’Amérique latine et; toute cette fusion teintée, à son tour, par d’autres influences de diverses régions du monde où réside notre grande diaspora.

Chers amis, Mesdames et Messieurs,

L’indépendance nationale est pour nous les caboverdiens, comme pour les seychellois, un point de repère d’une valeur inestimable. En fait, c’est à travers elle que nous nous affirmons dans le concert des Nations et, en effet, nous nous engageons à construire nos destins.

Comme vous le comprendrez aisément, plus que comme chef de l’Etat, j’appréhende la dimension transcendante de cette célébration, en tant que militant de la lutte de libération nationale.

Dans ma jeunesse, j’ai eu, le privilège de faire partie du groupe de patriotes qu’armé d’idéaux et de courage, a fait face au régime colonial et a participé à la construction de l’Etat, dans des conditions particulièrement difficiles.

Il est évident que nos défis d’aujourd’hui sont de nature différente mais, vous le comprendrez, Il est pour moi très gratifiant d’être ici à titre d’invité d’honneur aux commémorations d’une éphéméride si importante.

Amilcar Cabral, l’héros de la lutte de libération de Cabo Verde et de Guinée-Bissau, a déclaré que l’indépendance ne peut pas s’épuiser dans l’adoption d’un hymne et un drapeau.

Elle doit également impliquer des améliorations pour la grande majorité du peuple. Dans cette ligne, il est très gratifiant de reconnaître des efforts très importants qui sont entrepris par nos pays sur la route du développement et de l’affirmation de la démocratie.

Le développement, par définition, ne sera jamais inclusif si l’on ne peut pas compter sur la participation des personnes et cette participation ne peut être concevable que dans le cadre de la démocratie.

L’indépendance nationale, le développement inclusif et la démocratie sont trois piliers fondamentaux pour la construction du bien-être des personnes et c’est avec grand plaisir que je constate qu’elles sont aussi trois références directrices des actions de nos États.

Mesdames et Messieurs,

Dans cette ligne, nous suivons avec grand intérêt les efforts de développement du peuple seychellois dans la recherche de la bonne utilisation de ses ressources, et nous constatons avec satisfaction que nos deux pays, après près de quatre décennies en tant que pays souverains, ont obtenus des conquêtes dont nous sommes fiers, même si, certes, beaucoup reste encore à faire.

Un fait que doit être souligné, félicité et loué, c’est qu’en 2012, les Seychelles ont atteint le plus haut niveau de l’Indice de Développement humain du Programme de Développement des Nations Unies (IDH).

Je pense, donc, que dans les domaines de l’approfondissement et l’extension de la Démocratie et dans le domaine de l’amélioration de l’État de droit et du développement économique et social, nous avons beaucoup à apprendre des expériences respectives.

Je crois aussi que notre rapprochement plus étroit représente une opportunité pour la consolidation de nos positions communes en ce qui concerne les grandes questions internationales, notamment celles qui se rapportent plus directement à notre continent et à notre condition des petits États insulaires en Afrique.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Si, dans le domaine de la culture et des relations harmonieuses entre les peuples, nous pouvons présenter au monde des exemples de processus réussis, il y a un domaine par rapport auquel nous devons exiger la construction rapide de chemins d’accès qui, pour nous, sont des impératifs de survie. Je me réfère aux déséquilibres environnementaux.

En effet, en tant que territoires insulaires et de dimension territoriale réduite, notre vulnérabilité est très forte et inversement proportionnelle à la contribution à la dégradation des conditions environnementales au niveau mondial.

On ne doute pas de la complexité des facteurs impliqués dans la recherche d’un équilibre environnemental approprié. Les intérêts, économiques en particulier, sont très grands et souvent sont en conflit avec la construction de cet équilibre. Mais, aussi, nous tenons à souligner que nos États et d’autres qui se trouvent dans la même situation ne peuvent, en aucun cas, être pénalisés par cette situation.

Notre survie est menacée ou puissamment conditionnée. En même temps que nous devons renforcer localement la mise en œuvre des mesures de protection de l’environnement, dans ces circonstances, il me semble que la communauté internationale devra réviser radicalement la stratégie actuelle concernant la lutte contre le changement climatique.

Il devient urgent, compte tenu de cette réalité, et en particulier en cette année internationale des petits États insulaires en développement et à la veille de la Conférence à SAMOA, de mieux coordonner nos efforts, réunir nos capacités et rassembler les volontés politiques de tous, pour attirer l’attention du monde et des grands pays émetteurs pour la nécessité absolue de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte d’urgence qu’appelle à des mesures, je crois que la solidarité avec les petits États insulaires et, en particulier, avec les îles du Pacifique en danger de disparition, devrait être reconnue comme une exigence de notre temps et devenir un impératif de la politique internationale. Dans ce contexte, nous devons tout faire pour assurer le succès de la Conférence de SAMOA. Cabo Verde donnera sa contribution à cet égard et il est clair qu’il soutiendra, de façon résolue, la candidature de notre sœur, la République des Seychelles, à la présidence de l’Alliance des petits Etats insulaires  – AOSIS.

Mesdames,

Messieurs,

Le vaste espace de coopération possible, déjà diagnostiqué est un autre facteur puissant générateur de rapprochement entre nos deux peuples, indépendamment de la réalité incontournable qui est la distance géographique qui nous sépare.

Je suis heureux de pouvoir mentionner que le Ministre du Tourisme, de l’Industrie et de l’Énergie, qui fait partie de la délégation qui m’accompagne, a tenu dans les jours précédant cette visite d’Etat, une visite de travail dans votre pays, au cours de laquelle ont pu être explorés et mieux approfondis des domaines concrets, tels que, la pêche, le tourisme, les énergies renouvelables et les transports aériens, des secteurs dans lesquels nos deux pays vont coopérer plus étroitement.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Mesdames et Messieurs,

Notre histoire augure d’une fructueuse collaboration future à tous les niveaux. Nous pouvons, ensemble, apporter une contribution précieuse à la consolidation de la coopération sud-sud. J’ai beaucoup de confiance dans la contribution que ma visite peut apporter dans ce sens. En outre, les récentes visites du Ministre des Affaires étrangères des Seychelles à Cabo Verde et de notre Ministre du Tourisme, de l’Énergie et de l’Industrie dans votre pays auront contribué sûrement à mieux cimenter ce qui nous unit et les domaines où nous pouvons coopérer et échanger des expériences.

Je crois que nous avons lancé des bases solides pour l’amélioration de nos relations futures, en explorant toutes les possibilités de coopération et de partenariat, désormais bien identifiés. C’était aussi dans ce sens, que j’ai formulé à mon homologue, Dr. James Michel, une invitation à visiter Cabo Verde, à la première occasion qui se lui offre. Nous allons faire de sorte que l’avenir de nos relations rende nos peuples encore plus proches.

Mesdames et Messieurs,

La réforme de l’ONU, visant à adapter l’organisation aux nouveaux temps et aux nouveaux défis, nécessitera également de la concertation entre les représentants des peuples qui croient dans le potentiel de cet organisme. Il existe des peuples et des régions qui méritent d’être représentés à des niveaux plus élevés; qui ont besoin d’avoir plus de temps et plus de voix dans les organes de l’ONU, en particulier dans le Conseil de sécurité. Nous devons joindre nos voix au chœur des demandes de réformes de l’ONU. Des petits États insulaires et de l’Afrique, tels que Cabo Verde et les Seychelles, doivent unir leurs forces pour assurer que leurs besoins spécifiques soient respectés, considérés dans les fora internationaux et pour qu’ils soient objet de politiques de discrimination positive.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Si ma visite a permis de contribuer, en quelque sorte, pour que le peuple seychellois connaisse un peu mieux le peuple de mon pays; si cette visite a permis de contribuer à resserrer les liens qui nous unissent; si cette visite a permis de préparer des voies nouvelles pour le renforcement de la coopération et de nouveaux partenariats entre les deux peuples, cette visite a valu la peine.

Je tiens à remercier, une fois de plus, l’occasion que m’a été offerte de m’exprimer devant les représentants du peuple des Seychelles et je saisis l’occasion pour envoyer une salutation fraternelle de mon peuple au peuple des Seychelles.

Comptez sur nous car nous comptons sur vous.

MERCI BEAUCOUP.